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Jeu les Royaumes Renaissants
 
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 Le coin des poètes

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DameMinute
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MessageSujet: Le coin des poètes   02/07/06, 06:03 pm

Mon dernier cadeau à Calais. Un coin pour les poètes :


La mort n'est rien.
Je suis seulement passé dans la pièce à côté.

Je suis moi, vous êtes vous.
Ce que nous étions les uns pour les autres,
Nous le sommes toujours.

Donnez moi le nom que vous m'avez toujours donné.
Parlez de moi comme vous l'avez toujours fait.

N'employez pas un ton différent, ne prenez pas un air
Solennel et triste.

Priez, souriez, pensez à moi. Priez pour moi.

Que mon nom soit prononcé comme il l'a toujours été
Sans emphase d'aucune sorte, sans une trace d'ombre.

La vie signifie ce qu'elle a toujours signifié.

Elle est ce qu'elle a toujours été,
Le fil n'est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de votre pensée
Simplement parce que je suis hors de votre vue ?

Je vous attends. Je ne suis pas loin,
Juste de l'autre côté du chemin.

Vous voyez, tout est bien.

Charles Peguy.
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Milou
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   03/07/06, 10:44 am

Non Minute la bonne attitude face à la mort c'est celle ci:

"Dumpfes Klopfen an der Tür.
Was will man noch so spät von mir
Draußen steht der Sensenmann,
ich ruf: Ich bin noch gar nicht dran!
Ist es wirklich schon soweit,
muss ich mit ihm gehen
Viel zu kurz war meine Zeit,
muss ich jetzt schon gehen

Ich sah, ich hatte keine Chance,
drum ließ ich ihn herein.
Ihm war sehr kalt und er war blaß,
drum schenkte ich ihm ein.

Ist es wirklich schon soweit,
muss ich mit ihm gehen
Viel zu kurz war meine Zeit,
muss ich jetzt schon gehen

Seinen Auftrag, den vergaß er schnell,
er trank sehr viel und es wurde hell.
Völlig breit zog er dann ab.
Ich hatte nochmal Glück gehabt."

(die toten hosen)

(=On frappe sourdement à ma porte
Que me veut on encore si tard
Dehors se tient l'homme à la faux (ben ouais en allemagne la mort n'est pas une femme)
Je cris: mais ce n'est pas encore mon tour!!

Est il vraiment déjà temps?
Dois-je aller avec lui?
Beaucoup trop court était mon temps!
Dois-je vraiment y aller?

Je voyais je n'avais aucune chance
Donc je l'ai laissé entrer
Il était très froid et très pâle
Donc je lui ai servi à boire.

Est il vraiment déjà temps?
Dois-je aller avec lui?
Beaucoup trop court était mon temps!
Dois-je vraiment y aller?

Sa mission, il l'oublia bien vite
Il bu beaucoup et le jour arriva
Complètement bourré il quitta
J'ai eu de la chance!!!)
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DameMinute
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   22/07/06, 03:27 pm

Être jeune...

La jeunesse n'est pas une période de la vie,
Elle est un état d'esprit, un effet de la volonté,
Une qualité de l'imagination, une intensité émotive,
Une victoire du courage sur la timidité, du goût de l'aventure sur l'amour du confort.

On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d'années.
On devient vieux parce qu'on a déserté son idéal.
Les années rident la peau, renoncer à son idéal ride l'âme.
Les préoccupations, les doutes, les craintes et les désespoirs sont les ennemis qui,
Lentement, nous font pencher vers la terre et devenir poussière avant la mort.

Jeune est celui qui s'étonne et s'émerveille.
Il demande, comme l'enfant insatiable : et après ?
Il défie les événements et trouve de la joie au jeu de la vie.

Vous êtes aussi jeune que votre foi.
Aussi vieux que votre doute.
Aussi jeune que votre confiance en vous-même.
Aussi jeune que votre espoir,
Aussi vieux que votre abattement.

Vous resterez jeune tant que vous resterez réceptif,
Réceptif à ce qui est beau, bon et grand,
Réceptif aux messages de la nature, de l'homme et de l'infini.

Si un jour, votre cœur allait être mordu par le pessimisme et rongé par le cynisme,
Puisse Dieu avoir pitié de votre âme de vieillard.

Général Douglas MacArthur - 1945
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Jean_Pol
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   23/07/06, 04:18 am

Et voici mon dernier poème... il ne sera pas le dernier:

Forêt cruelle sans pitié
Tu nous gaves de ton blanc silence
Aux arbres couverts d'argent

Forêt verte pleine de vie
Tu nous enchantes de milles merveilles
Aux chants des oiseaux couleur de feu

Forêt terne agonisante
Tu nous chagrines de ton déclin
Aux squelettes des arbres morts.

_________________
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Milou
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   02/08/06, 02:09 am

Minute

Ton poème me fait sourire. Si tu as le temps ou l'occasion, jette un coup d'oeil aux sermons joyeux de Siméon: "du jeunisme", c'est l'un des textes...

Tu connais peut être d'ailleurs, je pense que ca pourrait te plaire, "l'éloge du risque" est un autre des sermons joyeux... Rebelle que tu es, tu appréciera sûrement sans forcément y adhérer...
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DameMinute
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   21/08/06, 07:41 pm

S'il pleuvait des larmes

S'il pleuvait des larmes
Lorsque meurt un amour
S'il pleuvait des larmes
Lorsque des coeurs sont lourds

Sur la terre entière
Pendant quarante jours
Des larmes amères
Engloutiraient les tours

S'il pleuvait des larmes
Lorsque meurt un enfant
S'il pleuvait des larmes
Au rire des méchants

Sur la terre entière
En flots gris et glacés
Des larmes amères
Rouleraient le passé

S'il pleuvait des larmes
Quand on tue les coeurs purs
S'il pleuvait des larmes
Quand on crève sous les murs

Sur la terre entière
Il y aurait déluge
Des larmes amères
Des coupables et des juges

S'il pleuvait des larmes
Chaque fois que la mort
Brandissant ses armes
Fait sauter des décors

Sur la terre entière
Il n'y aurait plus rien
Qu'les larmes amères
Des deuils et du destin.

Boris Vian
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emi
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   06/09/06, 01:28 pm

pour milou, un poeme très classique et tres connu que j'adore.

Citation :
Demain, dès l'aube...


Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
Victor Hugo
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emi
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   06/09/06, 09:13 pm

heu ... puisqu'on est dans le genre plein de bonheur, un autre que j'adore. Cam, ne te sens pas obligé de mourir s'il te plait.
Citation :

Chant Funèbre
(Wystan Hugh Auden)

Arrêtez les pendules, coupez le téléphone,
Empêchez le chien d'aboyer pour l'os que je lui donne,
Faites taire les pianos et sans roulement de tambour,
Sortez le cercueil avant la fin du jour.

Que les avions qui hurlent au dehors
Dessinent dans le ciel ces trois mots : Il Est Mort,
Nouez voiles noirs aux colonnes des édifices,
Gantez de noir les mains des agents de police.

Il était mon Nord, mon Sud, mon Est et mon Ouest,
Ma semaine de travail, mon dimanche de sieste,
Mon midi, mon minuit, ma parole, ma chanson,
Je croyais que l'Amour jamais ne finirait : j'avais tort.

Que les étoiles se retirent ; qu'on les balaye ;
Démontez la lune et le soleil,
Videz l'océan et arrachez la forêt ;
Car rien de bon ne peut advenir désormais
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Milou
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   08/09/06, 12:38 am

Merci pour les poèmes Emi!!! Enfin je suppose que c'est surtout demain dès l'aube qui concerne Milou!!

Ca me touche beaucoup... Ca me fait bizarre qu'il soit mort ce chenapan!!!
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jack2
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   13/09/06, 04:50 pm

Dans la boue, les sillons
Sous le ciel gris, nous marchons,
Malgré la fatigue et la pluie,
Malgré la famine et l'ennui.
Nous veillons et nous attendons
Que pour nous sonne le canon.
Si demain il nous appelait
Nous partirions sans regret.

La France pleure ses enfants
Tombés là-bas au levant.
Nous garderons leurs souvenirs
Comme eux nous voulons bien servir.
Nos Anciens du Liban
Nous précèdent en avant.
Vivant pour le même horizon
Pour la France nous servirons.

Sous le soleil brûlant
Montaient vos rires et vos chants.
Votre sourire était la paix
Pour tous ces enfants qui souffraient.
Et tous les orages d'acier,
Sur terre se sont déchaînés,
Pour que sous un ciel bas et noir
A jamais meurt tout espoir.


ok je sors Boulet
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Helmet_Bokar
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   26/09/06, 10:53 am

Helmet entre dans la maison de la culture et regarde les poèmes affichés ça et là. Il lit consciencieusement chaque poème avec intérêt puis se posa sur un tabouret dans un coin avec sa mandoline :

Et si on faisait dans la joie de l'Amour ???
Je dédie cette chanson (qui pour moi s'apparente à de la poésie) à une personne qui se reconnaîtra...



Helmet accorde sa mandoline et entame un accompagnement doux et léger.
J'ai longtemps rêvé de vous parler chérie,
Bien avant de vous connaître.
Je vous avais vue brillante au fond des nuits,
De tous mes rêves champêtres.
Ou dans la campagne, comme aujourd'hui,
Oui, mais j'ai perdu la tête.
Ma chanson commence comme elle finit...

Helmet sourit...
Le grand amour me rend bête...


Le rythme de la mandoline s'accélère légèrement avec un peu de swing...
Vous êtes jolie mon petit oiseau !
Près de vous les fleurs ne sont pas si belles.
La source qui court et les fraîches eaux,
N'ont pas votre voix, vous riez mieux qu'elles.
Que dire de vos yeux, que dire de vos mains, de vos cheveux ?
De tout votre corps jaloux de tout l'amour que je veux ?
Vous êtes pour moi le petite fée,
Le petit oiseau de mon cœur qui vous aime.


L'accompagnement reprend son rythme doux et léger...
J'inventais pour vous des mots et des chansons,
Bien avant de vous connaître.
Je vous les disais souvent dans les buissons,
Ou le soir à la fenêtre.
Mais tous ces grands airs, ces opéras,
Aujourd'hui je les oublie.
Et cette chanson s'arrête là...

Helmet ferme un moment les yeux.
Parce que vous êtes jolie...


Le rythme redevient plus swing.
Vous êtes jolie mon petit oiseau !
Près de vous les fleurs ne sont pas si belles.
La source qui court et les fraîches eaux,
N'ont pas votre voix, vous riez mieux qu'elles.
Que dire de vos yeux, que dire de vos mains, de vos cheveux ?
De tout votre corps jaloux de tout l'amour que je veux ?
Vous êtes pour moi le petite fée,
Le petit oiseau de mon cœur qui vous aime.

Vous êtes jolie mon petit oiseau.
Vous êtes jolie mon petit oiseau... bleu.


Et vive l'Amour !

Helmet écrit le texte de la chanson sur une feuille et l'affiche avec les autres poèmes...
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Nalanya
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   29/09/06, 04:43 pm

voila un poeme que j'adore!je ne sais pas de qui il est mais il me corespond vraiment vraiment et s'adresse a ma famille,mes amis et vous tous!!!!

Si regarder derriere te donne du chagrin
Et regarder devant t'inspire le chagrin alors...
Regarde a coté de toi...
Je serais toujours la...
Pour TOI!
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Morriange
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   02/10/06, 11:19 am

moi aussi j'ai un poeme!! Comme je sais pas écrire je vais vous le réciter!

Morriange s'éclairssi la gorge et commence

Les roses sont rose...
Les bleuets sont bleu...
Les violettes sont violette...
Les lilas sont lilas...
euh..
et toi tu sens bon!

Razz Razz Razz
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Ertaï
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   02/10/06, 11:39 am

Ma foi! Nous avons trouvé une artiste multidisciplinaire!!!
up
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Morriange
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   02/10/06, 01:30 pm

hi hi hi je fais dans l'art.. naif mdr
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carol31
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   04/11/06, 09:05 am

Le chat.


Dans ma cervelle se promène,
Ainsi qu'en son appartement,
Un beau chat, fort, doux et charmant.
Quand il miaule, on l'entend à peine,

Tant son timbre est tendre et discret ;
Mais que sa voix s'apaise ou gronde,
Elle est toujours riche et profonde.
C'est là son charme et son secret.

Cette voix, qui perle et qui filtre
Dans mon fonds le plus ténébreux,
Me remplit comme un vers nombreux
Et me réjouit comme un philtre.

Elle endort les plus cruels maux
Et contient toutes les extases ;
Pour dire les plus longues phrases,
Elle n'a pas besoin de mots.

Non, il n'est pas d'archet qui morde
Sur mon coeur, parfait instrument,
Et fasse plus royalement
Chanter sa plus vibrante corde,

Que ta voix, chat mystérieux,
Chat séraphique, chat étrange,
En qui tout est, comme en un ange,
Aussi subtil qu'harmonieux !




C Baudelaire
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carol31
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   17/11/06, 05:56 pm

Berthe au grand pied

Le conte ( Franc - France )

Lorsque Pépin le Bref décida de se marier, ses conseillers partirent en quête d'une fiancée de bonne noblesse dans divers pays. Mais le roi ne parvenait pas à faire son choix. Jusqu'à ce qu'un trouvère qui avait parcouru une bonne partie du monde vînt lui chanter la beauté de Berthe, fille du roi de Hongrie, aussi intelligente que fine et sage. Elle n'avait qu'un seul défaut : l'un de ses pieds était trop grand.

«Les pieds restent cachés sous les jupes», se dit le roi. «Qu'on amène donc Berthe à Paris! »


Pépin fit alors charger trente chevaux d'or et d'argent, équipa une douzaine de chevaliers le plus richement du monde, et la troupe prit le chemin de la Hongrie. La belle Berthe n'était pas joyeuse après avoir donné son consentement, quand il lui fallut quitter son pays natal et sa famille. Mais ses parents lui dirent pour la réconforter.

«C'est dans la douce France que tu t'en vas, ma chérie! Où trouverais-tu plus beau pays au monde? Nous ne t'oublierons pas, sois-en sûre! »


Et Berthe s'en alla donc vers la France. En route, son cortège fit une halte chez le duc de Mayence, qui s'étonna fort en voyant la princesse Berthe. Ce duc avait une fille, Alista, qui ressemblait à Berthe comme une soeur. Sauf les pieds, qu'elle avait justement très petits, comme des pieds de fillette. Il ne fut donc pas étonnant que les deux demoiselles se prissent vite d'amitié l'une pour l'autre. Berthe était si enchantée de sa nouvelle amie qu'elle proposa d'en faire sa suivante, et de l'emmener avec elle en France.

Lorsque tout le monde arriva à Paris, la princesse hongroise était si lasse de son long voyage qu'elle fit cette proposition à sa nouvelle amie :

«Chère Alista, je t'en prie, remplace-moi ce soir. Que l'on te présente au roi à ma place. Cela ne durera pas longtemps, et de toute façon les gens n'y verront rien. Nous nous ressemblons tellement! »


Alista accepta très volontiers : elle se revêtit de l'une des plus belles robes de la princesse hongroise et se rendit à la salle de réception pour la cérémonie de la présentation. Seulement, cela lui plut très fort de se trouver ainsi auprès du roi! Alors elle décida de remplacer sa maîtresse pour toujours.

Alista paya - très cher - deux serviteurs, qui enlevèrent Berthe et l'emmenèrent en secret dans la forêt la plus profonde. Là, ils avaient ordre de la tuer. Mais ils n'en eurent pas le coeur, ils hésitèrent devant tant de beauté. Ils l'abandonnèrent donc à son sort, et s'en retournèrent à Paris. La pauvre Berthe erra longtemps dans la forêt obscure, elle se déchirait les jambes dans les fourrés épineux, dormait à même le sol nu et se nourrissait de fraises et de framboises. Jusqu'à ce qu'un jour, elle débouchât en une prairie où elle vit une petite chaumière. C'était là que vivait le charbonnier Simon, avec sa femme et ses deux filles. Berthe vécut neuf ans et demi dans la cabane du charbonnier, et jamais elle ne trahit sa véritable identité.

La reine de Hongrie Blanchefleur n'oubliait pas sa fille. Dès qu'elle en avait l'occasion, elle envoyait des messages en terre de France, et était fortement inquiète de ne recevoir de sa fille que de très brèves informations. On peut comprendre qu'Alista n'adressait à la cour de Hongrie que des mots très prudents. Aussi, quand la reine de Hongrie invita sa fille à venir la voir en son pays, Alista lui répondit qu'elle ne pouvait faire le voyage, étant malade. Cela décida la reine de Hongrie

«Je vais aller voir Berthe en France! »


Ce fut en vain que le roi son époux tenta de la dissuader d'entreprendre un si long et si pénible voyage.

«Si Berthe a supporté ce voyage, je le supporterai bien aussi, moi!»


déclara-t-elle. Et elle se mit en route.

En apprenant cela, Alista eut grand-peur. Elle se mit vite au lit, en se déclarant malade. Ce fut ainsi que la reine de Hongrie trouva celle qu'elle croyait être sa fille, au lit dans une chambre obscure, aux rideaux tirés.

La reine se jeta sur la fausse Berthe dans son lit, et se mit à caresser sa fille comme un bébé. Ce fut alors qu'elle remarqua que celle qui était dans le lit avait bien le même visage que Berthe, mais avait des petits pieds : tous deux semblables.

«Tu n'es pas ma fille!»


s'exclama la reine. Et elle se hâta d'aller raconter au roi cette nouvelle stupéfiante.

Le roi Pépin le Bref se fâcha très fort. Il fit venir Alista devant lui, et elle, tout en pleurs, avoua tout. Ensuite le roi entendit les deux serviteurs qui avaient été chargés de l'horrible besogne, et eux aussi confessèrent tout. Ils menèrent le roi jusqu'à l'endroit de la forêt où ils avaient abandonné la malheureuse princesse hongroise.

Le roi fit rechercher Berthe, et il chercha lui même, dans toutes les directions. Il commençait à se faire à l'idée qu'elle avait dû périr dans la forêt, quand il parvint lui aussi à la chaumière du charbonnier. Là, devant la maisonnette, il vit une très belle jeune femme qui rapportait une cruche d'eau de la fontaine. Et il remarqua aussi que l'un de ses pieds était chaussé d'un très grand sabot.

Pépin l'interpella

«Dites-moi qui vous êtes! Vous devez me suivre, je suis le roi de France!»


Berthe, effrayée, répondit

«Ah, Sire, ne me faites pas de mal! Je suis la reine de France, la fille du roi de Hongrie, l'épouse de Pépin!»


«Et Pépin, c'est moi!»


s'exclama le roi, tout heureux. Et il prit Berthe sur son cheval. Tout se termina très bien. Le roi fut miséricordieux, car Berthe au grand pied et aussi au grand coeur, plaida en faveur de tous. Sauf d'Alista, qui fut honteusement chassée de Paris. Les deux serviteurs reçurent une bonne volée de coups de bâton, mais ensuite le roi les récompensa richement parce qu'ils n'avaient pas tué Berthe, comme ils en avaient reçu l'ordre. Le charbonnier Simon, qui ne parvenait pas à croire qu'il avait hébergé chez lui durant dix ans la reine de France, fut élevé au rang de chevalier, et reçut comme armoiries une fleur d'or sur champ d'azur.
La reine de Hongrie pleurait, puis riait, et se réjouissait fort de n'avoir pas écouté les conseils de son époux, qui ne voulait pas la laisser aller en France. Qui sait comment tout cela aurait fini, si elle ne s'était pas décidée à ce voyage!

«Mais si vous n'aviez pas retrouvé Berthe»,


disait-elle au roi Pépin,

«je vous jure que de mes propres mains je vous aurais raccourci d'une tête!»


Peu de temps après les retrouvailles, on célébra de façon grandiose, pour la deuxième fois, le mariage de Pépin le Bref, mais cette fois avec la véritable Berthe, fille du roi de Hongrie. Et les époux royaux vécurent ensemble de longues années heureuses, et ils régnèrent avec une grande sagesse sur le doux pays de France.



Very Happy
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carol31
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   17/11/06, 07:26 pm

Si vous n'aimez pas tan pis ou dommage parce que dans la prochaine : une princesse traverse nue un village. Very Happy
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Vini
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   17/11/06, 08:27 pm

Le conte est joli, il me rappelle un conte chinois qui y ressemble fort, et là, ya pas de pépins.. Very Happy

Parce que Morticia (car c'est elle n'est ce pas ?) prend vraiment de grandes libertés avec l'Histoire de France.

La mère de Charlemagne : Hongroise ??? Laughing Il faut espérer que les enfants qui le liront ne s'en serviront pas comme références "historique".
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carol31
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   17/11/06, 09:43 pm

Me dit pas que c'est pas vrai ??? Elle m'aurait menti ? affraid
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Vandusse
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   18/11/06, 01:17 am

Pfff, vous voulez de la vraie aventure épique ??? Un jour je vous raconterai comment j'ai sauvé le Roy Lévan en me prenant un carreau d'arbalète à sa place tout en sortant d'une maison en feu un petit chat ...
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   18/11/06, 10:42 am

Ah c'est pour ça la cape! Laughing
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Milou
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   23/11/06, 11:12 pm

Un super poème!!! De moi!!!!

La paix:

Des mains tremblantes se rejoignent
Des bouches humides se caressent
Des corps éveillés s’empoignent
Des mouvements saccadés naissent

Lui est fiévreux et comme en transe
Esclave du désir il sourit.
Et elle s’abandonne à la danse
Donne son corps, son être s’ennuie.

Ses mouvements deviennent plus rapides
Tendu, il serre les mandibules.
Résignée, elle ressent le vide
Et hypocritement simule !

Et les instances décident du sort
Des spasmes le secouent, il s’arrête
Enfin libérée, elle s’endort
Lui termine sur une cigarette

Milou
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Vini
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   19/12/06, 09:11 am

Pour toi Wink


Bela Lugosi's Dead

White on white translucent black capes
Back on the rack
Bela Lugosi's dead
The bats have left the bell tower
The victims have been bled
Red velvet lines the black box
Bela Lugosi's dead
Undead undead undead
The virginal brides file past his tomb
Strewn with time's dead flowers
Bereft in deathly bloom
Alone in a darkened room
The count
Bela Logosi's dead
Undead undead undead
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Henri LeDiable
Terrible Corsaire Gentil
Terrible Corsaire Gentil
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   19/12/06, 12:12 pm

Merci à toi Smile



Citation :

Buranko ni
Rôjin no iru
Toshi no kure

L'année se termine...
Seul dans un parc, un vieillard
Joue à la balançoire !
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Le coin des poètes
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