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 Le coin des poètes

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carol31
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   Sam 4 Nov - 9:05

Le chat.


Dans ma cervelle se promène,
Ainsi qu'en son appartement,
Un beau chat, fort, doux et charmant.
Quand il miaule, on l'entend à peine,

Tant son timbre est tendre et discret ;
Mais que sa voix s'apaise ou gronde,
Elle est toujours riche et profonde.
C'est là son charme et son secret.

Cette voix, qui perle et qui filtre
Dans mon fonds le plus ténébreux,
Me remplit comme un vers nombreux
Et me réjouit comme un philtre.

Elle endort les plus cruels maux
Et contient toutes les extases ;
Pour dire les plus longues phrases,
Elle n'a pas besoin de mots.

Non, il n'est pas d'archet qui morde
Sur mon coeur, parfait instrument,
Et fasse plus royalement
Chanter sa plus vibrante corde,

Que ta voix, chat mystérieux,
Chat séraphique, chat étrange,
En qui tout est, comme en un ange,
Aussi subtil qu'harmonieux !




C Baudelaire
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carol31
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   Ven 17 Nov - 17:56

Berthe au grand pied

Le conte ( Franc - France )

Lorsque Pépin le Bref décida de se marier, ses conseillers partirent en quête d'une fiancée de bonne noblesse dans divers pays. Mais le roi ne parvenait pas à faire son choix. Jusqu'à ce qu'un trouvère qui avait parcouru une bonne partie du monde vînt lui chanter la beauté de Berthe, fille du roi de Hongrie, aussi intelligente que fine et sage. Elle n'avait qu'un seul défaut : l'un de ses pieds était trop grand.

«Les pieds restent cachés sous les jupes», se dit le roi. «Qu'on amène donc Berthe à Paris! »


Pépin fit alors charger trente chevaux d'or et d'argent, équipa une douzaine de chevaliers le plus richement du monde, et la troupe prit le chemin de la Hongrie. La belle Berthe n'était pas joyeuse après avoir donné son consentement, quand il lui fallut quitter son pays natal et sa famille. Mais ses parents lui dirent pour la réconforter.

«C'est dans la douce France que tu t'en vas, ma chérie! Où trouverais-tu plus beau pays au monde? Nous ne t'oublierons pas, sois-en sûre! »


Et Berthe s'en alla donc vers la France. En route, son cortège fit une halte chez le duc de Mayence, qui s'étonna fort en voyant la princesse Berthe. Ce duc avait une fille, Alista, qui ressemblait à Berthe comme une soeur. Sauf les pieds, qu'elle avait justement très petits, comme des pieds de fillette. Il ne fut donc pas étonnant que les deux demoiselles se prissent vite d'amitié l'une pour l'autre. Berthe était si enchantée de sa nouvelle amie qu'elle proposa d'en faire sa suivante, et de l'emmener avec elle en France.

Lorsque tout le monde arriva à Paris, la princesse hongroise était si lasse de son long voyage qu'elle fit cette proposition à sa nouvelle amie :

«Chère Alista, je t'en prie, remplace-moi ce soir. Que l'on te présente au roi à ma place. Cela ne durera pas longtemps, et de toute façon les gens n'y verront rien. Nous nous ressemblons tellement! »


Alista accepta très volontiers : elle se revêtit de l'une des plus belles robes de la princesse hongroise et se rendit à la salle de réception pour la cérémonie de la présentation. Seulement, cela lui plut très fort de se trouver ainsi auprès du roi! Alors elle décida de remplacer sa maîtresse pour toujours.

Alista paya - très cher - deux serviteurs, qui enlevèrent Berthe et l'emmenèrent en secret dans la forêt la plus profonde. Là, ils avaient ordre de la tuer. Mais ils n'en eurent pas le coeur, ils hésitèrent devant tant de beauté. Ils l'abandonnèrent donc à son sort, et s'en retournèrent à Paris. La pauvre Berthe erra longtemps dans la forêt obscure, elle se déchirait les jambes dans les fourrés épineux, dormait à même le sol nu et se nourrissait de fraises et de framboises. Jusqu'à ce qu'un jour, elle débouchât en une prairie où elle vit une petite chaumière. C'était là que vivait le charbonnier Simon, avec sa femme et ses deux filles. Berthe vécut neuf ans et demi dans la cabane du charbonnier, et jamais elle ne trahit sa véritable identité.

La reine de Hongrie Blanchefleur n'oubliait pas sa fille. Dès qu'elle en avait l'occasion, elle envoyait des messages en terre de France, et était fortement inquiète de ne recevoir de sa fille que de très brèves informations. On peut comprendre qu'Alista n'adressait à la cour de Hongrie que des mots très prudents. Aussi, quand la reine de Hongrie invita sa fille à venir la voir en son pays, Alista lui répondit qu'elle ne pouvait faire le voyage, étant malade. Cela décida la reine de Hongrie

«Je vais aller voir Berthe en France! »


Ce fut en vain que le roi son époux tenta de la dissuader d'entreprendre un si long et si pénible voyage.

«Si Berthe a supporté ce voyage, je le supporterai bien aussi, moi!»


déclara-t-elle. Et elle se mit en route.

En apprenant cela, Alista eut grand-peur. Elle se mit vite au lit, en se déclarant malade. Ce fut ainsi que la reine de Hongrie trouva celle qu'elle croyait être sa fille, au lit dans une chambre obscure, aux rideaux tirés.

La reine se jeta sur la fausse Berthe dans son lit, et se mit à caresser sa fille comme un bébé. Ce fut alors qu'elle remarqua que celle qui était dans le lit avait bien le même visage que Berthe, mais avait des petits pieds : tous deux semblables.

«Tu n'es pas ma fille!»


s'exclama la reine. Et elle se hâta d'aller raconter au roi cette nouvelle stupéfiante.

Le roi Pépin le Bref se fâcha très fort. Il fit venir Alista devant lui, et elle, tout en pleurs, avoua tout. Ensuite le roi entendit les deux serviteurs qui avaient été chargés de l'horrible besogne, et eux aussi confessèrent tout. Ils menèrent le roi jusqu'à l'endroit de la forêt où ils avaient abandonné la malheureuse princesse hongroise.

Le roi fit rechercher Berthe, et il chercha lui même, dans toutes les directions. Il commençait à se faire à l'idée qu'elle avait dû périr dans la forêt, quand il parvint lui aussi à la chaumière du charbonnier. Là, devant la maisonnette, il vit une très belle jeune femme qui rapportait une cruche d'eau de la fontaine. Et il remarqua aussi que l'un de ses pieds était chaussé d'un très grand sabot.

Pépin l'interpella

«Dites-moi qui vous êtes! Vous devez me suivre, je suis le roi de France!»


Berthe, effrayée, répondit

«Ah, Sire, ne me faites pas de mal! Je suis la reine de France, la fille du roi de Hongrie, l'épouse de Pépin!»


«Et Pépin, c'est moi!»


s'exclama le roi, tout heureux. Et il prit Berthe sur son cheval. Tout se termina très bien. Le roi fut miséricordieux, car Berthe au grand pied et aussi au grand coeur, plaida en faveur de tous. Sauf d'Alista, qui fut honteusement chassée de Paris. Les deux serviteurs reçurent une bonne volée de coups de bâton, mais ensuite le roi les récompensa richement parce qu'ils n'avaient pas tué Berthe, comme ils en avaient reçu l'ordre. Le charbonnier Simon, qui ne parvenait pas à croire qu'il avait hébergé chez lui durant dix ans la reine de France, fut élevé au rang de chevalier, et reçut comme armoiries une fleur d'or sur champ d'azur.
La reine de Hongrie pleurait, puis riait, et se réjouissait fort de n'avoir pas écouté les conseils de son époux, qui ne voulait pas la laisser aller en France. Qui sait comment tout cela aurait fini, si elle ne s'était pas décidée à ce voyage!

«Mais si vous n'aviez pas retrouvé Berthe»,


disait-elle au roi Pépin,

«je vous jure que de mes propres mains je vous aurais raccourci d'une tête!»


Peu de temps après les retrouvailles, on célébra de façon grandiose, pour la deuxième fois, le mariage de Pépin le Bref, mais cette fois avec la véritable Berthe, fille du roi de Hongrie. Et les époux royaux vécurent ensemble de longues années heureuses, et ils régnèrent avec une grande sagesse sur le doux pays de France.



Very Happy
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carol31
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   Ven 17 Nov - 19:26

Si vous n'aimez pas tan pis ou dommage parce que dans la prochaine : une princesse traverse nue un village. Very Happy
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Vini
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   Ven 17 Nov - 20:27

Le conte est joli, il me rappelle un conte chinois qui y ressemble fort, et là, ya pas de pépins.. Very Happy

Parce que Morticia (car c'est elle n'est ce pas ?) prend vraiment de grandes libertés avec l'Histoire de France.

La mère de Charlemagne : Hongroise ??? Laughing Il faut espérer que les enfants qui le liront ne s'en serviront pas comme références "historique".

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carol31
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   Ven 17 Nov - 21:43

Me dit pas que c'est pas vrai ??? Elle m'aurait menti ? affraid
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Vandusse
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   Sam 18 Nov - 1:17

Pfff, vous voulez de la vraie aventure épique ??? Un jour je vous raconterai comment j'ai sauvé le Roy Lévan en me prenant un carreau d'arbalète à sa place tout en sortant d'une maison en feu un petit chat ...

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Semper Fidelis.
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   Sam 18 Nov - 10:42

Ah c'est pour ça la cape! Laughing
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Milou
Calaisien et fier de l'être !


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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   Jeu 23 Nov - 23:12

Un super poème!!! De moi!!!!

La paix:

Des mains tremblantes se rejoignent
Des bouches humides se caressent
Des corps éveillés s’empoignent
Des mouvements saccadés naissent

Lui est fiévreux et comme en transe
Esclave du désir il sourit.
Et elle s’abandonne à la danse
Donne son corps, son être s’ennuie.

Ses mouvements deviennent plus rapides
Tendu, il serre les mandibules.
Résignée, elle ressent le vide
Et hypocritement simule !

Et les instances décident du sort
Des spasmes le secouent, il s’arrête
Enfin libérée, elle s’endort
Lui termine sur une cigarette

Milou

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Chacun sa merde, bonne chance à tous
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Vini
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   Mar 19 Déc - 9:11

Pour toi Wink


Bela Lugosi's Dead


White on white translucent black capes
Back on the rack
Bela Lugosi's dead
The bats have left the bell tower
The victims have been bled
Red velvet lines the black box
Bela Lugosi's dead
Undead undead undead
The virginal brides file past his tomb
Strewn with time's dead flowers
Bereft in deathly bloom
Alone in a darkened room
The count
Bela Logosi's dead
Undead undead undead

_________________
Fiancée d'Aramisses
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Henri LeDiable
Terrible Corsaire Gentil
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   Mar 19 Déc - 12:12

Merci à toi Smile



Citation:

Buranko ni
Rôjin no iru
Toshi no kure

L'année se termine...
Seul dans un parc, un vieillard
Joue à la balançoire !

_________________
Henri d'Ysengrin dit "lediable"
Au service de la ville libre de Calais
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Vini
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   Mar 19 Déc - 12:46

Joli aiku..

Arigato gozaimasu Henri-san
anata ga daisuki desu



PS : J'espère que tu n'exiges pas un jigai de ta veuve.

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Elleonore
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   Sam 24 Mar - 23:51

…Je me suis souvent assise seule à l’écart avec une âme pleine d’amour et les genoux tremblants de volupté… Je fais encore dix lieues à pied, et en me jetant le soir dans un lit d’auberge, je songe encore que le sein d’un homme adoré est le seul oreiller qui reposerait à la fois l’âme et le corps…

C’est de vous que je rêve quand je m’éveille trempée de sueur, vous que j’appelle quand la nature sublime chante des hymnes passionnés, et que l’air des montagnes entre dans mes pores par mille aiguillons de désir et d’enthousiasme.

Georges Sand
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   Sam 24 Mar - 23:56

Parfois, quand j'aperçois mon flamboyant visage,
Lorsqu'il vient d'échapper à ta bouche et tes doigts,
Je ne reconnais pas cette exultante image,
Et je contemple avec un déférent effroi
Cette beauté que je te dois !

Anna De Noailles
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Vini
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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   Sam 28 Avr - 8:42

Parce qu'Aramisses prissonnier, m'a rappelé un autre prisonnier, cher à mon coeur, parti depuis longtemps déjà, mais qui à 20 ans a joué sa vie dans la clandestinité puis l'horreur des camps nazis. Parce que ce n'était pas un jeu de rôle et qu'on oublie trop souvent que dans le monde, cette monstruosité n'a pas totalement disparu :

LE CHANT DES MARAIS
ou
"Börgermoorlied", ou "Die Moorsoldaten"

I
Loin dans l'infini s'étendent
De grands prés marécageux
Pas un seul oiseau ne chante
Sur les arbres secs et creux

Refrain

Oh! Terre de détresse
Où nous devons sans cesse
Piocher.

II
Dans ce camp morne et sauvage
Entouré d'un mur de fer
Il nous semble vivre en cage
Au milieu d'un grand désert.

III
Bruit des pas et bruit des armes
Sentinelles jours et nuits
Et du sang, des cris, des larmes
La mort pour celui qui fuit.

IV
Mais un jour dans notre vie
Le printemps refleurira
Liberté, Liberté chérie
Je dirai: Tu es à moi.

Dernier refrain

Oh! Terre enfin libre
Où nous pourrons revivre (bis)
Aimer - Aimer

http://www.fndirp.asso.fr/chantdesmarais.htm

Le chant des partisans

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne ?
Ohé partisans, ouvriers et paysans, c'est l'alarme !
Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes.

Montez de la mine, descendez des collines, camarades,
Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades;
Ohé les tueurs, à la balle et au couteau, tuez vite !
Ohé saboteur, attention à ton fardeau : dynamite ...

C'est nous qui brisons les barreaux des prisons, pour nos frères,
La haine à nos trousses, et la faim qui nous pousse, la misère.
Il y a des pays où les gens aux creux de lits font des rêves
Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève...

Ici chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe ;
Ami, si tu tombes, un ami sort de l'ombre à ta place.
Demain du sang noir séchera au grand soleil sur les routes
Sifflez, compagnons, dans la nuit la liberté nous écoute...

http://fr.wikipedia.org/wiki/Chant_des_partisans

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MessageSujet: Re: Le coin des poètes   Sam 28 Avr - 9:03



Le Prisonnier de la Tour
Paroles: Francis Blanche, musique: Francis Blanche et G. Calvi


Le prisonnier de la Tour
S'est tué ce matin
Grand-mère
Nous n'irons pas à la messe demain
Il s'est jeté de la Tour
En me tendant les mains
Grand-mère
Il m'a semblé que j'avais du chagrin

Si le roi savait ça, Isabelle
Isabelle, si le roi savait ça
A la robe de dentelle
Vous n'auriez plus jamais droit
Isabelle, si le roi savait ça

Le prisonnier de la Tour
Était mon seul ami
Grand-mère
Nous n'irons pas à la messe aujourd'hui
Il était mon seul amour
La raison de ma vie
Grand-mère
Et ma jeunesse est éteinte avec lui

Si le roi savait ça, Isabelle
Isabelle, si le roi savait ça
A la robe de dentelle
Vous n'auriez plus jamais droit
Isabelle, si le roi savait ça

Le prisonnier de la Tour
Chaque jour m'attendait
Grand-mère
Nous n'irons plus à la messe jamais
C'est un péché que l'amour
Et le monde est mal fait
Grand-mère
On a tué mon amant que j'aimais

Si le roi savait ça, Isabelle
Isabelle, si le roi savait ça
A la robe de dentelle
Vous n'auriez plus jamais droit
Isabelle, si le roi savait ça

Le prisonnier de la Tour
N'aura pas de linceul
Et rien
Rien qu'un trou noir où s'engouffrent les feuilles
Mais moi j'irai chaque jour
Pleurer sous les tilleuls
Et rien
Pas même le roi n'empêchera mon deuil

Si le roi savait ça, Isabelle
Il ne pourrait que pleurer avec toi
Car il aimait une belle
Qui n'était pas pour un roi
Et la belle, Isabelle, c'était moi...




La chanson du prisonnier

S'il était quelque part en ce monde
Quelqu'un qui m'aimerait un peu
Ma misère serait bien moins profonde
Car tout seul on est si malheureux

Oh venez ce soir au clair de lune
Entendre le récital touchant
De tous mes malheurs de l'infortune
Qui m'oppressent depuis si longtemps

Oui j'avais autrefois une amie
Plus belle oui cent fois que le jour
Un ami jaloux me l'a ravie
Je l'ai tué pour venger mon amour

Enchaîné jusqu'au fond de la terre
Tout seul dans ce sombre cachot
Où je pleure en faisant ma prière
Mais personne n'entend mes sanglots

Si j'avais comme un oiseau des ailes
De ma prison je pourrais m'enfuir
Oui j'irais dans les bras de ma belle
Libre enfin je pourrais y mourir (bis)




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