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 Le coin des "médiévaux"

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Vini
Vini Jolie


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MessageSujet: Le coin des "médiévaux"   Dim 17 Déc - 15:50

Certains joueurs souhaiteraient que les RP soient un peu plus recentrés "Moyen Age".
Je pense que d'autres n'y verraient pas d'inconvénient, mais manquent de références ou de temps pour faire des recherches.

Je propose donc que l'on ouvre ici une petite "bibliothèque", soit en indiquant des références de livres ou de sites traitant de sujets qui pourraient aider, soit en rapportant ici la synthèse de leurs recherches.

Même si j'ai de bonnes bases en histoire, la période médiévale n'est pas ma "spécialité, aussi si vous relevez des erreurs ou des imprécisions, n'hésitez à me reprendre. Là, je vous livre une synthèse de recherches faites sur le WEB. Certains puristes vont s'insurger, je le sais, mais je pense qu'il faut être accessibles à tous et donc faire simple.


CONDITION DE LA FEMME AU MOYEN AGE :


LE MARIAGE

Le consentement des deux conjoints est nécessaire.

La cérémonie est sacralisée, bénie par un prêtre (mais il peut y avoir des exceptions).

Pour protéger la femme contre son mari, il est ordonné à celui-ci de lui constituer un douaire, un capital, dont le montant est fixé au tiers ou à la moitié de ses biens selon les régions.
A la mort de la femme, le douaire revient aux enfants de son époux, même si elle est remariée.

La répudiation est interdite.

L'adultère est sérieusement condamné.

Le divorce n'est autorisé qu'en trois cas après une enquète de moralité effectuée par un prêtre et la consultation de témoins :
- la stérilité ou l'impuissance ;
- la consanguinité étendue au 7° degré de parenté ;
- l'ordination ultérieure de l'un des conjoints (de nombreuses femmes furent obligées d'entrer au couvent à une certaine époque. Charlemagne, pour former des alliances, n'hésita pas à utiliser ce procédé).

En Ecosse, la cérémonie peut se passer de la bénédiction d'un prêtre. Il suffit que les deux conjoints affirment devant témoins être mari et femme pour que le mariage soit effectif.


LES DROITS


Les femmes du petit peuple et les bourgeoises jouissent d'un assez grande liberté. Majeures à douze ans, elles sont libres de gérer leurs biens, de se marier, de voter même !
Bien des métiers leur sont accessibles.
Pour la femme noble, il en va tout autrement.
Dans l'univers violent, agressif, essentiellement viril des châteaux, elle ne compte guère. Son sort est lié à la terre, seule garantie du pouvoir. Ainsi est-elle une monnaie d'échange pour les seigneurs qui désirent accroître leurs biens et assurer une descendance.
Les fillettes sont promises parfois dès leur naissance à des hommes souvent bien plus âgées qu'elles. Leur rôle est pourtant non négligeable puisqu'en l'absence de leur époux qui, lorsqu'il n'est pas en guerre, s'adonne à la chasse, c'est à elles de gérer et d'administrer leurs biens.

L'AMOUR COURTOIS

On ne se marie jamais au mois de mai. Lors des fêtes de mai, garçons et filles se réunissent pour chanter et danser dans les prés.
Pour célébrer le retour du printemps, les hommes et les femmes se courtisent librement.
Les jeunes gens élisent leur reine, une femme mariée, qui se choisit un partenaire autre que son " jaloux " de mari.
Dans les châteaux les liens du de la parenté sont renforcés. La femme règne en maîtresse sur le petit monde des chevaliers et des écuyers, célibataires. On aime se distraire et les fêtes sont nombreuses: mariages, tournois, adoubements,...

Le prestige de la DAME, l'épouse du seigneur est considérable dans le coeur des guerriers. Elle cristallise leurs rêves, leurs désirs, leurs espoirs. Le chevalier doit se montrer prêt à mourir héroïquement pour son amie, alors que celle-ci est censé le protéger par son amour et lui inspire vaillance et courage.
Mais l'union des coeurs devient le principe de toutes les vertus.
L'amour devient un art, une mystique, une exaltation de l'âme et une délicieuse souffrance.

LES REGLES DE L'AMOUR COURTOIS

Le mariage ne doit pas empêcher d'aimer

Qui n'est pas jaloux ne peut aimer

On ne peut accorder son coeur à deux femmes à la fois

L'amour augmente ou diminue, il se renouvelle sans cesse

L'amant ne peut rien obtenir sans l'accord de sa dame

L'homme ne peut aimer qu'après la puberté

A la mort de son amant(e), un délai de deux ans est nécessaire avant de s'adonner à un nouvel amour

Personne ne doit être privé de l'être aimé sans la meilleure des raisons

On ne peut aimer sans y être incité par l'amour

Amoureux n'est pas avare

L'amant doit aimer une femme de condition supérieure à la sienne

Le parfait amant ne désire d'autres étreintes que celles de son amante

L'amour doit rester secret s'il veut durer

La conquête amoureuse doit être difficile : c'est ce qui donne son prix à l'amour

Le parfait amant pâlit en présence de sa dame

Quand un amant aperçoit l'objet de son amour, son coeur tressaille

Un nouvel amour chasse l'ancien

Seule la vertu rend digne d'être aimé

Lorsque l'amour diminue, puis disparaît, il est rare qu'il reprenne vigueur

L'amoureux vît dans la crainte

La jalousie fait croitre l'amour

Lorsqu'un amant soupçonne son amante, la jalousie et la passion augmentent

Tourmenté par l'amour, l'amant dort peu et mange moins

L'amant doit agir en pensant à sa dame

Le parfait amant n'aime que ce qu'il pense plaire à sa dame

L'amant ne saurait rien refuser à celle que son coeur a élue

L'amant n'est jamais rassasié des plaisirs que lui apporte sa dame

Le plus petit soupçon incite l'amant à soupçonner le pire chez sa bien-aimée

Amour ne rime pas avec luxure

Le véritable amant est obsédé sans relâche par l'image de celle qu'il aime

Rien n'empêche une femme d'être aimé par deux hommes et un homme d'être aimé par deux femmes

Epuré du réalisme de l'amour chevaleresque, la Fin'Amor répond à quelques critères.

L'amour est obligatoirement adultère.
Les mariages nobles n'étant pas une affaire de sentiments, la passion ne peut être trouvée qu'ailleurs. L'échange des coeurs, la fidélité promise, n'engage alors plus les biens, mais les personnes.
L'amour exige le secret, pas seulement pour son caractère adultérin, mais aussi parce qu'il est une chose trop grave pour être divulgué.
La dame est toujours de condition supérieure à celle de son amant, un chevalier célibataire.
L'attitude de ce dernier, calquée sur le système féodal, doit être pleine d'humilité, de réserve et de soumission. Il est son " homme-lige ", son vassal, d'une loyauté et d'une fidélité sans faille.
En retour, la dame et l'amour ont le pouvoir d'inspirer au chevalier toutes les vertus, valeur morale et parfaite courtoisie.
[Croyance : seul l'amour peut mener l'homme à la perfection morale puisqu'il engendre et développe toutes les vertus.]
La dame est lointaine, inaccessible, nimbée de mysticisme.
Dans sa conquête amoureuse, le chevalier est confronté à des obstacles, des épreuves ; ce peuvent être : le mari jaloux, l'éloignement de la personne,... Il faut être prêt à mourir pour l'élue. En retour, la dame accorde à son amant un baiser, une étreinte, ou la joie d'admirer sa nudité.
La chasteté est la fois l'épreuve et la récompense suprême : la petite cérémonie de l' assag (l'essai). Elle donne à la dame le moyen de vérifier dans qu'elle mesure son ami est capable de la respecter, alors que, couché à côté d'elle, il est dans une situation extrêmement tentatrice.
Tous les subterfuges érotiques sont autorisés, à condition de ne pas en venir au fait (baisers, étreintes, caresses).

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Vini
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MessageSujet: Re: Le coin des "médiévaux"   Dim 17 Déc - 16:09

LA CHEVALERIE


GENERALITES

Féodalité : liens qui unissent le vassal à son suzerain (l'hommage et le fief).
Le vassal engage sa personne, sa foi et sa fidélité au service d'un homme qui, en échange, lui promet protection et assure sa subsistance par l'octroi d'un fief.

La chevalerie est un des cadres de l'organisation de l'aristocratie militaire en un ordre où l'on entre par cooptation personnelle. Elle est au XI° siècle la réplique de l'émergence de nouveaux pouvoirs économiques et sociaux, liés à la renaissance commerciale et à la croissance urbaine.

Le chevalier est alors celui qui a les moyens d'entretenir chevaux et armes, qui a la vigueur et l'expérience nécessaires pour le combat. On y retrouve les anciennes familles des grands de l'époque carolingienne (souvent détentrices des pouvoirs démembrés du ban royal : comtes, châtelains), mais aussi on y rencontre les descendants d'alleutiers (dans le Midi), des hommes libres entrés en vassalité, des anciens ministres ou des artisans, des soldats issus de la paysannerie et distingués par leurs exploits.

Au XII° siècle, la chevalerie devient autre chose qu'un groupe professionnel : elle s'érige en communauté sociale et éthique, elle se moralise. "Paix de Dieu" et "Trêve de Dieu" supposent la participation active des détenteurs du ban, et en particulier des châtelains. Les chansons de geste font alors l'apologie d'une chevalerie où la prouesse est une vertu morale avant d'être une démonstration de force et d'adresse.

Louis VI se fait armé chevalier à l'insu de son père (1097). Méfiance manifesté envers un groupe professionnel hétéroclite, mais depuis, aucun roi de France n'a manqué de se faire armer chevalier.

RITUEL DE L'ENTREE EN VASSELAGE

Le vassal, tête nue et à genoux, place ses mains jointes entre celles de son seigneur pour lui prêter hommage et prononcer le serment de fidélité que vient renforcer le baiser de paix.
En retour, le seigneur lui remet solennellement un fief, symboliser par une poignée de terre ou un gant. Dès lors, un lien personnel, familial attache les deux hommes : ils se doivent mutuellement respect, conseil et les enfants du vassal seront élevés par le seigneur.

Le rituel chevaleresque se fixe au XII° siècle. Il comprend une partie militaire (l'adoubement) et une partie religieuse (bénédiction des armes, serments).
Partie militaire : elle est significative de la cooptation et de l'initiation à travers une reconnaissance des aptitudes.
Partie religieuse : elle traduit la christianisation de l'institution par une église désireuse de conforter sa mainmise sur la société et ses institutions de paix. Cela concourt à donner à l'ordre chevaleresque les bases de sa fonction éthique.

Dès le XIII° siècle, une tendance à l'hérédité se manifeste.
Le fils du chevalier (miles) est écuyer (scutifer), ce qui affirme son aptitude. Même, le simple écuyer est tenu pour noble, et même si, faute de capacité physique ou économique, il ne se fait jamais recevoir chevalier.

DEVOIRS DU VASSAL

La chevauchée.
C'est le service militaire dû par le vassal hors de la seigneurie de son seigneur, soit pour une rapide expédition, soit pour un voyage appelant une escorte. Cette forme d'aide est limitée par les coutumes à 40 jours.
Le cas le plus célèbre est celui du comte de Champagne Thibaut IV qui, sa quarantaine finie, abandonne en 1226 la chevauchée royale pendant le siège d'Avignon.
Une telle coutume rend vaine une expédition un peu lointaine (le temps d'opération étant ramené à peu de choses par les délais de la route). De plus en plus, on voit les vassaux rester en service, mais bénéficier à partir de ce moment d'une rémunération.
Au XIII° siècle, la coutume ne permet aux vassaux de refuser que s'il s'agit de sortir du royaume.
Dès le XI° siècle, mais surtout à partir du XIII°, on en vient aussi à solder pendant toute l'expédition les chevaliers les moins fortunés.

L'ost, qui est un moyen de défense de la seigneurie, a une durée illimité, puisque le vassal ne saurait mesurer son aide au seigneur en danger

LES CHEVALIERS

Au coeur du système féodal, les chevaliers, soldats-vassaux, qui, parce qu'ils pratiquent le métier des armes, signe de leur supériorité, jouissent d'un prestige de plus en plus grand. Ils s'érigent en caste, en confrérie dotée ainsi d'une fusion entre la notion de noblesse et celle de chevalerie.

Si tout noble n'est pas chevalier,
tout chevalier passe pour noble


A la fin du XII° siècle, les nobles jugent avantageux de se dire chevalier. Au XIII° siècle, le chevalier l'emporte sur le simple noble. Le bouleversement des mentalités se manifeste dans les appelations. Simple qualificatif précisant une aptitude vers l'an mil, le mot chevalier (miles) est énoncé à partir des années 1030 comme un titre significatif d'une particulière honorabilité. L'usage nee divient systématique qu'au siècle suivant.

Le métier des armes exige que l'on soit libre, et riche surtout pour pouvoir acquérir un heaume, un haubert, un ou deux destrier. Mais il ne suffit pas de posséder des biens, il faut également consacrer beaucoup de temps à la préparation militaire, s'entraîner sans relâche dans de furieux et sanglants tournois.
Tout chevalier digne de ce nom doit, pour soutenir cet entraînement, posséder de grandes qualités et en fournir la preuve publique : ce sont les cérémonies de l'adoubement ou l'impétrant, un adolescent parvenu à l'âge d'homme, est armé par un chevalier de renom et jugé dans des exercices sportifs par ses futurs pairs.

L'église intervient très tôt dans la cérémonie de l'adoubement en la sacralisant, bénissant les armes du chevalier et exigeant de lui qu'il jure de consacrer son épée au service de dieu et à la défense de la justice.

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MessageSujet: Re: Le coin des "médiévaux"   Dim 17 Déc - 16:17

LES TOURNOIS


Une pratique dangereuse

Le tournoi est un apprentissage du combat. c'est un véritable combat équestre, à armes réelles. Comme tel, aux XI° et XII° siècles il est encore une épreuve redoutable où sont fréquents les accidents mortels. Le Duc de Bretagne Geoffroy III Plantagenet trouve la mort dans un tournoi à Paris en 1186. On comptera toujours des morts, comme le Connétable de Brienne en 1345 et le roi Henri II en 1559.

Des interdictions

Les papes (Eugène III, Innocent III) et les conciles (Lyon, 1245) condamnèrent la pratique du tournoi.
Philippe Auguste, roi de France, interdit à ses enfants d'y prendre part.
Saint Louis les interdit en 1260, afin d'orienter contre les infidèles la vertu belliqueuse des chevaliers chrétiens.
Après avoir renouvelé l'interdiction (1280, 1296, 1304, 1311, 1314) en la justifiant par la nécessité de privilégier le combat pour la défense du royaume, ses successeurs tentent d'en prendre le contrôle ; cependant que les papes les interdisent certains jours. Les tournois n'en continuent pas moins d'avoir la ferveur de l'aristocratie et celle du peuple, pour qui ils constituent une fête. Les princes et les barons en organisent tout au long des XIV° et XV° siècles.

Une pratique courante

Au Moyen Age, tout événement devient prétexte pour jouter.
Les Tournois sont principalement pratiqués par les jeunes nobles, récemment adoubés, fils aînés de seigneurs qui les envoient apprendre hors de leurs terres les règles de la chevalerie avec leurs compères.

Les joutes (spectacle, prestige) sont différentes des tournois (entrainement, renommée).

De nombreux cavaliers et nobles créent des ordres de chevalerie réunissant en confrérie les meilleurs tournoyeurs. Ceux-ci disposent d'appartements dans un château royal. Ils se doivent assistance réciproque en cas de besoin, et partagent une même foi religieuse .

Les joutes guerrières stimulent les armées, soutiennent le moral des soldats et encouragent, par une guerrière émulation, les prouesses des chevaliers.

Lors de joutes, tous les chevaliers qui participent doivent être accompagnés d'une demoiselle.
En premier a lieu une procession des protagonistes.
La coutume veut que l'on dispute d'abord le grand tournoi, puis les joutes individuelles.

Différentes règles


Jeux équestres

Deux équipes de cavaliers se chargent, font demi-tour puis, à tour de rôle, simulent la fuite. Il ne s'agit pas de combat, mais de simples figures équestres.

Mêlée ouverte

Elle se passe en plein air avec des kilomètres de terrains pleins de rivières, de bois, de vignes et mêmes de fermes. Il est possible de dresser des embuscades ou de lancer des percées vers l'ennemi.
Les seules zones délimitées avec précision sont celles dites de refuge. On les entourait de barrières et les chevaliers pouvaient y souffler un instants ou refourbir leurs armes. Ils sont là en toute sécurité quand le combat fait rage.
Celui-ci oppose parfois plusieurs compagnies de chaque côté. Tous les coups étaient permis, toutes les armes aussi et aucun arbitre.
Seules différence avec les vrais combats : les refuges et la règle d'or qui veut que le but soit la capture de l'ennemi ou sa rançon, mais non sa mort.

C'est un jeu de plaies et de bosses.

Tournoi pour fantassin

Les combattants, armés d'une massue et d'un bouclier se répartissent en compagnies dont les membres appartiennent tous à des confréries de jouteurs représentant les différents quartiers de la ville.
Il y a souvent une petite mise en scène, comme la défense d'un pont entre deux quartiers urbains, un passage entre la "ville basse" et la "ville haute", etc.

Le Pas d'Armes

Alors qu'on commence à limiter les risques en émoussant les lances et en remplaçant la brutalité du coup à blesser par l'habileté du coup à rompre la lance adverse d'un écu bien manié, et alors que la barrière longitudinale des lices évite les collisions frontales trop meurtrières, le tournoi s'humanise au XV° siècle avec l'introduction de fictions courtoises et allégoriques. c'est le Pas d'Armes, qui a la faveur des cours dans les années 1470.

Le Pas d'Armes est le dernier avatar du tournoi, désormais truffé de références littéraires, très en faveur vers 1440-1470 dans les cours de Bourgogne et d'Anjou. Le propos général en est la défense, par un ou plusieurs chevaliers, d'un "pas" ou passage que d'éventuels assaillants s'efforceront de franchir. Le Pas d'Armes diffère donc de la joute par cet enjeu symbolique auquel on donne toutes les significations que suggère le répertoire littéraire - délivrance de la Dame, accomplissement d'un voeu, prouesse pour mériter l'amour de la Dame, etc. - et que souligne un décor complexe à l'ésotérisme codifié. Chaque Pas d'Armes porte donc un nom, allusif au thème historique ou allégorique retenu pour la circonstance : l'Arbre de Charlemagne (Dijon 1443), la Joyeuse Garde (saumur 1446), le Gueule du Dragon (Chinon 1446), la Pastourelle (Tarascon 1449).

L'argument du Pas d'Armes est formulé dans une lettre d'armes en vers, qui est un défi adressé en théorie à tous les chevaliers chrétiens et en fait, à ceux que l'on veut inviter. Tout chevalier peut cependant se présenter et les chevaliers errants saisissent naturellement ces occasions de se mettre en valeur et de gagner des récompenses.

Le Pas d'Armes est l'occasion d'une importante décoration héraldique.
C'est aussi l'ancêtre du jeu de rôles.

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MessageSujet: Re: Le coin des "médiévaux"   Sam 23 Déc - 18:08

LES FETES RELIGIEUSES AU MOYEN AGE


Dès qu'une vie collective s'ébauche, qu'une société se structure, le besoin se fait sentir de fixer des repères précis dans le temps, pour se réunir et commémorer ; les fêtes contribuent à la cohésion d'une société. À partir du haut moyen âge, les autorités religieuses chrétiennes ont le pouvoir de déterminer les jours de fête, ils sont fixés au cours des conciles par les pères de l'Église.
Les grands moments de la vie du Christ constituent les principales fêtes de l'année. C'est le cas de Noël, Pâques, Pentecôte. Échouant dans sa tentative d'interdire tout rituel non chrétien, l'Église intègre les fêtes païennes à son propre calendrier liturgique selon un subtil processus analogique.

Le clergé ne cesse de rappeler que les jours de fête sont sacrés. En plus du dimanche, jour chômé qui se généralise en Occident à partir du VIème siècle, de nombreuses professions n'ont pas le droit d'exercer leur activité durant plusieurs jours de l'année. Ce qui renforce l'attention des gens à l'égard de ces fêtes provient aussi du fait qu'elles sont des points de repère de la vie économique et sociale. Elles correspondent souvent à des jours de foire ou de marché, à des dates de perception des redevances agricoles ou bien encore à des moments importants pour la culture et l'élevage. Dans chaque localité, le déroulement de l'année est rythmé par des fêtes au sein desquelles un syncrétisme culturel et religieux s'opère.

Noël

En Orient, les premières manifestations festives autour de la Nativité se faisaient le 6 janvier. La fête de la naissance apparaît en Occident au cours du IVème siècle. Elle remplace la fête du Sol Invictus (renaissance du soleil invaincu) qui avait lieu le 25 décembre dans le culte oriental au dieu Mithra et concurrençait sérieusement la foi chrétienne.

Ce qui caractérise avant tout Noël, ce sont les messes. Toute la population se rend à l'église pour la Nativité. Les tropes sont des antiennes dialoguées introduites à certains passages de la liturgie des messes de Noël et de l'Épiphanie pour les rendre plus vivantes et plus accessibles aux fidèles. Les tropes se transforment progressivement au cours du Moyen Âge en drames ou jeux liturgiques qui prennent des développements spectaculaires et si profanes dans les représentions des scènes bibliques que l'Église les a bannies progressivement de la liturgie. Les drames sont alors relégués sur les parvis de l'Église.

La veille de Noël, ou au cours des secondes vêpres, le 25 décembre, la fête de l'âne est très populaire. Un âne rentre dans l'église et toutes les prières se terminent par "Hi-Han !". L'Église interdit cette célébration au cours du concile de Trente à la fin du XVIème siècle.

Fête des Fous


La Fête des Fous a lieu à la Saint Etienne (le 26 décembre), à la Saint-Jean l'Évangéliste (le 27 décembre) et à la fête des Innocents (le 28 décembre) durant laquelle les enfants de choeur occupent la première place à l'église. Ils officient, sous la conduite de l'episcopus puerorum, et se livrent à diverses réjouissances. Cette fête est aussi célébrée à la Circoncision (le 1er janvier), à l'Épiphanie (6 janvier) ou à l'octave de cette dernière, le 13 janvier ; le renversement de la hiérarchie et la parodie du cérémonial habituel s'accompagnent de multiples bouffonneries, folie et impiété.

La fête des Fous est en quelque sorte la continuité des Saturnales (fête romaine) durant lesquelles avaient lieu festins, danses, satires, travestissements et inversion des rôles (le maître devenait esclave et vice-versa).

Pour la fête des Fous, les figurants du bas-clergé se travestissent, portent des masques hideux et se barbouillent de suie. Le costume et les attributs des fous s'imposent au XVème siècle. Un document de la faculté de théologie de Paris, datant de 1445, indique que les fous promènent sur des chars à travers la ville leurs danses et leurs contorsions obscènes, accompagnées de propos impudiques.

Papes, conciles, synodes et diverses autorités publient dès le XIIème siècle des textes visant à réprimer ladite fête. Mais sans grand résultat, puisque même après la Pragmatique Sanction de Charles VII (1403-1481), la Fête des Fous est encore célébrée par endroits jusqu'au début du XVIIIème siècle.

Epiphanie


Suivant la tradition de l'Église romaine, l'adoration des Rois Mages s'est implantée le 6 janvier. La tradition des Rois Mages prend une grande ampleur avec les représentations des drames liturgiques et les Mystères où ils apparaissent comme éléments merveilleux.

La présence de la galette des rois est attestée à partir du XIVème siècle. La tournée des rois dans certaines régions est, en quelque sorte, le prélude du Carnaval à venir.

Chandeleur

Dans la tradition occidentale, la fête célébrée le 2 février est connue sous le nom de Chandeleur, parce que l'on conserve ce jour-là des chandelles allumées que l'on porte à travers les églises. Au XIIIème siècle, Jacques de Voragine, archevêque de Gênes, dans sa célèbre compilation de vies des saints, explique que la Chandeleur descend de la lustratio populi, fête romaine où cierges et flambeaux illuminaient les villes. En pays pyrénéen, tout comme dans les Alpes, des chasses à l'ours et des danses de l'ours symboliques étaient organisées ; l'ours, sortant de son hibernation à la Chandeleur, risque d'être effrayé par son ombre si le soleil brille et dans ce cas retourne dans sa caverne pour quarante jours qui seront nécessairement des jours de pluie. À Dieulefit, dans la Drôme, la tradition de "fermer les ours" est encore vivante ; certains habitants, qui ont trouvé la porte de leur maison soigneusement barricadée au matin d'un 2 février, ont compris qu'ils s'étaient fait une réputation d'ours...

La tradition des crêpes correspond à l'apparition des premiers oeufs de l'année.

Carnaval

Au sens le plus étroit du terme, le Carnaval s'étend seulement sur les trois jours qui précèdent le Carême : le Mardi Gras clôture le Carnaval. Le Mercredi des Cendres, lui, ouvre la période du grand carême. Les limites temporelles du carnaval sont différentes d'un lieu à l'autre ; il commence le plus souvent à la Chandeleur. Entre Carême et Carnaval, tout est contraire ; le Carême fait appel à la spiritualité de l'homme, Carnaval s'adresse à son être charnel, à ses instincts primaires, à ses passions exacerbées. Carême exige le jeûne et la continence, Carnaval autorise tous les excès (abus de nourriture et de boisson, sexualité débridée...) ; la violence y est souvent anonyme.

Le temps carnavalesque est un temps différent où peuvent se produire des inversions des règles, des rôles et la négation des valeurs. C'est un moment de rupture caractérisé par le masque et le déguisement.

Carnaval qui déambule dans les rues sur un char est souvent représenté par un personnage jovial et bon vivant, tandis que le Carême est personnifié par une vieille femme.

"Si vous connaissez encore des gens qui se chargent de la plus repoussante des souillures en se déguisant en vieille femme" : cette imprécation furieuse de Saint Césaire d'Arles, dans les années 500, montre à quel point l'Église jette l'anathème sur ce travesti de vieille femme. Ce personnage reste malgré tout très répandu avec les déguisements d'ours et de loup dans les carnavals d'Europe.

Centre de Développement en Art et Culture Médiévale

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MessageSujet: Re: Le coin des "médiévaux"   Dim 24 Déc - 11:06

LA DANSE AU MOYEN AGE


Je me permets de vous renvoyer à ce site que je trouve particulièrement bien fait :

http://www.danceries-provins.com/index.html

A celui-ci aussi :

http://www.bassatoscana.fr/index.html

Et aussi à ceci :

http://www.instrumentsmedievaux.org/histoire/Texte/dans.html

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MessageSujet: Re: Le coin des "médiévaux"   Jeu 28 Déc - 14:16

LES ARMURIERS

(D'après un texte paru en 1908)


La fabrication des armes occupa naturellement au Moyen Age un grand nombre d'ouvriers ; il arriva même parfois, tant les guerres étaient fréquentes, que la fabrication des armes fût insuffisante. En 1412, pendant les terribles guerres civiles qui ensanglantèrent alors la France, les commandes d'armes étaient si nombreuses qu'à Paris les armuriers n'y pouvaient suffire. Le roi dut laisser chacun libre de s'improviser fabricant d'armes, ce qu'on exprimait en disant que le métier était devenu libre, parce que, lisait-on dans l'ordonnance royale, les ouvriers de Paris « ne pourraient pas suffire à la centième partie des armures qu'il convient ».



Armoiries de la corporation
des armuriers


Cette profession était aussi parmi les métiers une des plus considérées. Ceux qui en exerçaient une des branches, et nous allons voir qu'elles étaient nombreuses, revendiquaient entre autres privilèges celui de ne pas fournir de soldats au guet de Paris : ainsi, les arctiers, ou fabricants d'arcs, étaient affranchis de cet ennui, parce que, lit-on dans leurs statuts, leur métier « est pour servir chevaliers et écuyers et sergents et est pour garnir châteaux ».
C ette fréquentation de la noblesse détermina dans les statuts de ces corporations des articles qui sont particuliers à ces métiers. Ainsi, l'on voit, prescrit aux fourbisseurs, c'est-à-dire à ceux qui fabriquaient les épées, de tenir proprement habillés leurs ouvriers, « pour nobles gens, comtes, barons, chevaliers, et autres bonnes gens qui aucunes fois descendent en leurs ouvroirs » (ateliers).
Pour la fabrication des armes de guerre, il y eut au Moyen Age à peu près autant de métiers qu'il y avait de pièces dans l'habillement militaire. Lorsque le costume de guerre était, du XIe au Xlle siècle, le haubert, sorte de tissu de mailles de fer qui recouvrait le chevalier des pieds à la tête, il y avait une catégorie spéciale d'ouvriers pour fabriquer cet équipement ; c'étaient les haubergiers. Les plus habiles étaient groupés dans une petite ville du département de l'Oise, Chambly, qui pour ce motif a été longtemps appelée Chambly-le-Haubergier.


Les heaumiers fabriquaient le heaume ou casque ; les écassiers, préparaient le bouclier en forme d'écusson ou écu ; les brigandiniers faisaient une cuirasse légère, la brigandine, ainsi appelée parce qu'elle était portée par les fantassins, qu'on appelait alors brigands, sans que ce mot eût encore le sens défavorable qu'il a pris depuis.
On distinguait encore les trumelliers qui forgaient les trumelières ou grèves ; c'était le nom qu'on donnait à la partie de l'armure qui couvrait les jambes.


La fabrication des armes, d'après un
manuscrit de la Bibliothèque de Berlin
Tous ces métiers finirent par se fondre, vers le XVe siècle, en une seule corporation qui prit le nom d'armuriers . A Paris, ils étaient presque tous groupés dans une rue qui s'appelait la rue de la Heaumerie, ainsi nommée d'une maison où pendait pour enseigne un heaume. Cette rue, qui se trouvait non loin de l'Hôtel de Ville, n'a disparu qu'en 1853.




Chevalier
du XIIIe siècle,
d'après un bas-relief
(oui, oui, Vandusse a posé pour l'occasion ^^)
Au XVIe siècle, ces armuriers étaient devenus prodigieusement habiles ; ils faisaient des armures si bien combinées, où il y avait si peu d'endroits par où pût se glisser la pointe d'une flèche ou la lame d'une épée, que, si l'on en croit l'historien Tavannes, dans un engagement où deux cents chevaliers étaient aux prises, au bout de deux heures, il n'y en avait encore que quatre d'entre eux restés sur le carreau. Comment s'étonner de cette quasi invulnérabilité quand on voit François Ier , au matin de la bataille de Pavie, revêtir une armure ou, comme on disait en ce temps, un harnais si merveilleusement fait qu'on n'eût su y introduire une aiguille ou une épingle.
M ais ce furent les derniers beaux jours des armuriers, car l'emploi des armes à feu fit bientôt disparaître les armures. Du vieux costume militaire du Moyen Age, il ne subsista que la cuirasse, et, au milieu du XVIII e siècle, la corporation des armuriers s'éteignait.


Tout ce qui précède ne concerne que les armes défensives. La fabrication des armes blanches était le monopole des fourbisseurs. En 1627, le roi de France leur reconnaissait encore le privilège de « fourbir, garnir et monter épées, dagues, braquemarts, miséricordes, lances, piques, hallebardes, pertuisanes, javelines, vouges, épieux, haches, masses ».
Cette énumération contenait d'ailleurs le nom d'un grand nombre d'armes dont on ne se servait plus à cette date. On ne voit plus en effet figurer dans l'armement des soldats de la guerre de Trente Ans ni le braquemart, qui était une épée courte et large, ni la miséricorde, sorte de poignard, ni la javeline, ni la vouge, sorte de hallebarde au fer très allongé, ni l'épieu, dont on ne se servait guère qu'à la chasse, ni la hache, ni la masse. Les manches de toutes ces armes étaient taillés par les menuisiers, et les fourreaux des épées et des poignards étaient préparés par les fourreliers, qui n'employaient que le cuir bouilli.


Prospectus du fourbisseur
Roussel, au XVIIe siècle
Enfin restent les armes de trait. Parmi les fabricants de ces armes, on eut d'abord les arctiers , qui faisaient les arcs ; il y en avait de plusieurs sortes : les arcs français, faits de bois d'érable, de viorne, ou d'if ; les arcs anglais, plus longs que les nôtres, et les arcs turquois, constitués par deux cornes soudées l'une à l'autre et dont les pointes étaient réunies par un ressort d'acier. Toutes ces armes lançaient à une centaine de mètres au plus des flèches de 50 centimètres de long, empennées de plumes de poule, et munies d'une forte pointe métallique. Puis vinrent les arbalétriers, qui fabriquaient une arme déjà plus redoutable, car elle envoyait à la distance de deux cents pas des gros traits dits bougeons ou bougons, préparés par les bougeniers ou bougonniers. Au XIVe siècle, les meilleures de ces armes étaient, au dire de l'historienne de Charles V, Christine de Pisan, fabriquées à Gênes.
Mais, au XVIe siècle, arc et arbalète disparurent devant les armes à feu, devant l'arquebuse, qui fut, à la fin du XVIe siècle, remplacée par le mousquet et au XVIIe par le fusil. Les arquebusiers s'érigèrent en corporation en 1575 et, à partir de ce moment, ils eurent le monopole de la fabrication des armes à feu.

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MessageSujet: Re: Le coin des "médiévaux"   Mar 1 Mai - 7:09

Une fête du muguet... au Moyen Age ?

Depuis le Moyen-Age. Il semble que le muguet aussi appelé lys des vallées, une plante originaire du Japon, soit présente en Europe depuis le Moyen-Age. La plante à clochettes a toujours symbolisé le printemps et les Celtes lui accordaient des vertus porte-bonheur.

Le 1er mai 1561, le roi Charles IX officialisa les choses : ayant reçu à cette date un brin de muguet en guise de porte-bonheur, il décida d'en offrir chaque année aux dames de la cour. La tradition était née.

La fleur est aussi celle des rencontres amoureuses. Longtemps, furent organisés en Europe des "bals du muguet". C'était d'ailleurs l'un des seuls bals de l'année où les parents n'avaient pas le droit de cité. Ce jour-là, les jeunes filles s'habillaient de blanc et les garçons ornaient leur boutonnière d'un brin de muguet.
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Dès le Moyen-Age, le 1er Mai était fêté dans les campagnes et la coutume voulait qu'un arbre de Mai -arbre vert enrubanné- soit planté devant la porte de la personne à honorer dans le village.

Ce jour de fête était par excellence un symbole de renouveau.

Le 1er Mai était aussi la date traditionnelle du renouvellement des baux ou des contrats de travail.

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MessageSujet: Re: Le coin des "médiévaux"   Jeu 16 Aoû - 19:28

j ai pris le temps a tout lire et j ai trouver ca super interréssant mais je n ai pa encore vu les site impossible d afficher la page

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MessageSujet: Re: Le coin des "médiévaux"   Dim 7 Oct - 9:11

Si vous avez des adresses de sites ou de la documentation, ou vos propres connaissances en la matière, n'hésitez pas à en faire profiter tout le monde.
Ce topic n'est pas le "mien" mais celui de tous.

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Le coin des "médiévaux"

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